Charpentier, Dumont, Du Buisson

 

Marc-Antoine CHARPENTIER - Henry DU MONT - Sieur DU BUISSON

1. Le Reniement de St. Pierre H 424 Marc-Antoine Charpentier (vers 1643-1704)

2. Pange lingua "Pour le Port Royal" H 62 Marc-Antoine Charpentier

3. Sicut spina rosam "Nativité de la Vierge" H 309 Marc-Antoine Charpentier

4. Alma Dei Creatoris "Motet pour la Vierge" Marc-Antoine Charpentier

5. Gloria in excelsis Deo "Pour le catéchisme" Marc-Antoine Charpentier

6. Cantate Domino - Henry Du Mont (1610-1684)

7. Panis angelicus Plain-chant

8. Panis angelicus Henry Du Mont

9. Allemanda gravis Henry Du Mont

10.Prélude en ré mineur Sieur Du Buisson (vers 1622 - avant 1681)

 

A propos de la musique religieuse en France sous Louis XIV

Sous le règne de Louis XIV, la musique religieuse, encore en grande partie tributaire de l'héritage polyphonique franco-flamand, voit néanmoins l'adaptation au goût français de deux principales innovations italiennes : la polychoralité (vénitienne) et la monodie accompagnée (florentine, à l'origine) - ce dont témoigne, entre autres, l'adoption de la basse continue vers 1650, par Henry Du Mont, parmi les premiers. Après 1643, Mazarin n'a de cesse de promouvoir devant le public français (noble, bien sûr) cet art musical transalpin si impressionnant et si extraordinairement nouveau, mais contre lequel s'élève déjà bien des voix qui lui reprochent ses excès dans la virtuosité et la théâtralité. Cette italianisation de l'art musical français eût pu tranquillement et totalement s'achever si le nouveau roi, en prenant le pouvoir en 1661, n'imposait, avec la monarchie absolue, l'affirmation d'un style proprement national dans tous les arts. On le sait, c'est paradoxalement à l'Italien Gian Battista Luili (bientôt francisé en Jean-Baptiste Lully) qu'incombe cette tâche qu'il va mener à bien, tant dans le théâtre musical que dans la musique sacrée. Cependant, malgré les pouvoirs exhorbitants accordé à Luüy et à ses zélotes, la musique italienne garde ses partisans en France, nombreux et actifs, surtout dans les milieux ecclésiastiques et certaines franges de la noblesse, tous friands des nouveautés que produit continuellemment l'Italie à cette époque. Il s'ensuivra une interminable dispute, parfois une véritable guerre, entre les deux styles, l'italien et le français, qui durera jusqu'au milieu du, XVIIIe siècle -en dépit du souci de "réunir les goûts" de François Couperin, grand admirateur de Lully et de Corelli. Parmi les compositeurs, rares sont ceux qui, très tôt, comme Marc-Antoine Charpentier et Sébastien de Brossard (maître de choeeur à la cathédrale de Strasbourg durant quelques années), tentent de concilier les styles dans leurs œuvres, prenant appui sur leur commune esthétique baroque, fondée sur la mise en scène des affects au service de l'expression religieuse.